Frais de port offerts dès 50€ d'achat & 1er échange offert en France métropolitaine .

les
teintures naturelles

Faire que les teintures redeviennent naturelles

Le Modeste utilise des fibres textiles locales pour ses pulls, ses manteaux, ses vestes, ses pantalons et autres accessoires. Beaucoup de ces créations sont en laine brute, non teinte. Pour autant, Le Modeste recourt aussi à la couleur pour certains de ses accessoires.

Une collection capsule a ainsi vu le jour pour l'hiver 2020-2021, avec des bonnets des gants.. Pour ce faire, la marque n'utilise que des teintures végétales.

Et c'est la fondatrice qui a procédé à l'opération, comme on la pratiquait jadis.


Des millénaires aux couleurs naturelles

Une histoire de teintures

Jusqu'au milieu, voire à la fin du XIX siècle, c'est avec des couleurs naturelles que l'on teint les vêtements.

Le sud de l'Hexagone est alors la terre de prédilection des plantes tinctoriales. Le pastel est ainsi cultivé dans le Languedoc, entre Toulouse, Albi et Carcassonne. La culture de la garance et du kermès, à partir desquels on obtient la couleur rouge, se fait en Provence, en Languedoc et en Roussillon. Ces deux dernières régions, ainsi que le Dauphiné et la Gascogne, produisent également les teintes fauves, à partir du noyer notamment. Plus au Nord, l’Angoumois — en Charente actuelle — et le Gâtinais sont spécialisés dans les jaunes, grâce notamment au réséda, aussi appelé gaude.

La France est alors une terre de prédilection pour les plantes tinctoriales.

Colbert et les manufactures royales

C'est le 18 mars 1671 qu'une ordonnance de Colbert vient réglementer leur utilisation. Et, par la même occasion, le métier de teinturier.

Celui-ci est alors subdivisé en trois catégories : teinturier de grand et bon teint ; teinturier petit-teint ou faux-teint ; teinturier en soie, fil et laine.

Les ingrédients utilisés pour la teinture grand-teint doivent rendre les couleurs résistantes à l’air, au soleil et aux lavages successifs.

Le pastel, la garance, la cochenille, l'indigo, le kermès ou encore la gaude sont considérés comme plantes grand-teint. Les teintures petit-teint sont employées pour des fils de qualité inférieure. Parmi elles, il y a le bois de campêche, le bois du Brésil, le mûrier des teinturiers, le safran, l'orseille, etc. Elles donnent des couleurs plus vives, mais moins résistantes. Un teinturier grand-teint a l'interdiction d'utiliser des plantes petit-teint. Et un petit-teint de recourir aux plantes grand-teint.


C'est également à Colbert que l'on doit la création des manufactures royales. Avec elles, la teinture devient une industrie d'État. L'activité se concentre alors dans quelques pôles régionaux, répartis dans tout le royaume. L'Auvergne, la Guyenne, le Languedoc, la Picardie, la Flandre, la Normandie, la Beauce et la Champagne sont alors des régions hautes en couleur.

Des colorants importés dès le XVIIe siècle

Les années passant, ces manufactures royales deviennent de plus en plus riches et puissantes. Leurs moyens leur permettent, entre autres, d'importer de coûteux colorants, inaccessibles aux petits artisans.

Elles font ainsi venir de l'indigo du Golfe du Bengale, de la cochenille du Mexique, du safran des Indes… Les plantes locales sont dès lors concurrencées par des plantes qui, pour certaines, présentent des qualités supérieures. L'indigo contient ainsi 175 fois plus de matières colorantes que le pastel. Pour autant, les plantes locales ne disparaissent pas et cohabitent avec celles qui sont importées.


Mieux : un siècle plus tard, à la fin du XVIIIe siècle, on assiste  leur renouveau. Si la culture de la garance a disparu de Flandre et de Normandie, elle se développe en revanche en Alsace et dans le Poitou. Particulièrement prospère, cette culture a de nombreux débouchés, vers l'Angleterre en particulier.
L'importance économique de l'activité teinturière à la fin du XVIIIe siècle incite autorités et industriels à rechercher d'autres plantes. Sans grand succès cependant.

Quand les couleurs deviennent synthétiques

Au début du siècle suivant, les premières tentatives d'isolement de principes colorants de plantes sont pratiquées. En 1810, Michel-Eugène Chevreul, futur directeur de la Manufacture des Gobelins, isole ainsi l'hématine du bois de campêche. Puis la lutéoline de la gaude et l'indigotine de l'indigo. En 1826, MM. Colin et Robiquet isolent l'alizarine et la purpurine de la garance. Puis les premiers colorants de synthèse font leur apparition chacun de son côté, le Français Antoine Béchamp — grand rival de Louis Pasteur — et l'Allemand August Wilhelm Hofman synthétisent l'aniline.
Celle-ci permet à William Perkin d'obtenir la mauvéine à partir de goudron de houille, en 1856. L'Anglais dépose un brevet et entame, près de Londres, une production industrielle. Il s'agit de la première fabrique de colorants synthétiques au monde. Isolée quarante ans plus tôt, l'alizarine est finalement synthétisée par les Allemands Karl Græbe et Karl Lieberman, deux salariés de BASF.

Et c'est un autre Allemand, Adolf von Baeyer, qui dépose le brevet du premier indigo de synthèse, en 1878.

@riverblue

Des colorants dangereux pour la santé et l'environnement

Les couleurs naturelles, employées depuis des millénaires, sont dès lors remplacées l'une après l'autre par des colorants chimiques. Oubliés la garance, le pastel et le réséda…
Ces produits sont pour l'essentiel fabriqués par des groupes industriels allemands comme BASF, Bayer, Hoechst ou IG Farben.
Ce sont toujours ces mêmes colorants synthétiques qui règnent en maître au XXIe siècle. Ils ont simplifié l'industrie textile et permis son expansion. Ils ont permis aussi la démocratisation de la mode.
‍À ce titre, leur contribution aux dérives actuelles n'est pas négligeable.
Issues de la pétrochimie, les teintures industrielles provoquent des désastres écologiques en Asie, où se concentre désormais l'industrie textile. Les rivières polluées y sont innombrables.
‍Beaucoup n'abritent plus ni vie animale ni vie végétale. Elles sont mortes.
Des réglementations diverses, comme le règlement européen Reach, ont bien été prises, qui tentent d'imposer de bonnes pratiques.Force est de constater que les pollutions subsistent et que nombre de fabricants contournent les règles internationales.

Quand ils ne s'en affranchissent pas tout simplement.
Face à cette situation insoluble, les parties prenantes ayant souvent des intérêts divergents, certains reviennent aux colorants naturels, aux teintures végétales. Et essaient de renouer avec des pratiques ancestrales.

Changer nos habitudes, revenir à l'essentiel

Les teintures artificielles sont adaptées à la mode actuelle, à la fast fashion. Les teintures naturelles le sont à la mode durable. Jusqu'au milieu du XXe siècle, on confectionnait des vêtements pour durer. Les garde-robes étaient alors réduites, exception faite peut-être de celles des classes les plus aisées, des élégantes et des élégants.

Pour revenir aux teintures naturelles d'autrefois, il faudra revenir aux habitudes vestimentaires d'autrefois. Privilégier par exemple les vêtements dans des matériaux naturels.

Notamment, parce que les teintures végétales « n'accrochent » pas sur les fibres synthétiques… Les tenues seront sans doute plus coûteuses à l'achat.Mais elles seront aussi plus solides, intemporelles et durables. Au final, elles coûteront moins cher. De même, il faudra cesser de créer de nouvelles couleurs, généralement inutiles, pour se concentrer sur les nuances de celles qui existent dans la nature.
Revenir aux bonnes pratiques responsables des siècles passés est tout à fait possible. N'oublions pas que les plantes ont été utilisées pour la teinture pendant près de 8 000 ans. À ces millénaires, les teintures artificielles n'ont finalement que 150 petites années à opposer.

Retrouver savoirs et savoir-faire

Des efforts considérables ont été accomplis au tournant du XXe siècle pour oublier histoire, traditions et savoir-faire. Il en faudra autant pour les faire revivre.
Une différence essentielle existe cependant : lors du passage à la chimie, l'industrie partait de zéro.
Alors qu'archives, savoirs et expérience existent pour revenir aux teintures naturelles.
En outre, la culture des plantes n'a pas disparu. Garance, genêt des teinturiers, réséda, safran ou camomille des teinturiers sont toujours cultivées dans l'Hexagone.
À ces plantes locales s'ajoutent celles venues d'ailleurs, comme l'indigo tropical, le bois rouge du Brésil, la cochenille d'Amérique du Sud ou encore le bois de campêche d'Amérique centrale. Autant de plantes capables de remplacer celles qui les ont évincées il y a un siècle et demi.

L'entreprise Plo Ennobilisseur, implantée dans le Tarn, a récemment effectué des essais concluants de teinture naturelle sur la laine. Cet artisan industriel, comme il se qualifie lui-même, prouve qu'il est possible de revenir aux teintures naturelles, de marier patrimoine et XXIe siècle.

Le Modeste est impatiente de pouvoir utiliser cette laine teinte naturellement pour de prochains vêtements.

Chez Plo, dans le Tarn, octobre 2021 @LaetitiaModeste

Film Délicieux(2021) Costumes teintures naturelles par Sandrine Rozier

Sandrine Rozier Villa-Kujoyama Crédit @Tadzio

Du champ au plateau de cinéma

Spécialistes et profanes conjuguent savoir, ambition et énergie pour redonner toute leur place aux plantes tinctoriales.
‍Depuis 2005, Couleurs de Plantes a ainsi mis au point une trentaine de pigments végétaux. Issue du Centre régional d'innovation et de transfert de technologie (CRITT) de Rochefort, l'entreprise extrait, par exemple, un pigment rouge-brun du sorgho des teinturiers. Elle pour cela déposé un brevet.
Quant à la variété de cette plante, cultivée en Poitou-Charentes, elle lui appartient également.
Autre exemple d'initiative : l'Amap tinctoriale des Cévennes. Patronnée par Dominique Cardon, historienne, directrice de recherche au CNRS et spécialiste renommée des teintures naturelles, elle met en réseau les producteurs récoltants de plantes de la région.
La culture des plantes tinctoriales et l'extraction de leurs colorants ne génèrent aucun risque pour la santé ou l’environnement.
Ces activités sont créatrices d'emplois, que ce soit dans les champs, les ateliers de transformation et les laboratoires.
Contrairement à leurs « cousins chimiques », les vêtements teints naturellement ne provoquent aucune allergie, aucun danger pour la peau.

Pour illustrer les qualités et le rendu des teintures naturelles, Sandrine Rozier, costumière et spécialiste des plantes tinctoriales, a conçu et fabriqué les tenues des personnages du film Délicieux (2021).
Elle a renouvelé l'expérience pour le tournage d'Astérix et Obélix : l'Empire du milieu, dont la sortie est prévue en 2022.
Si même Astérix, icône de la résistance gauloise, se met lui aussi aux couleurs naturelles, alors tous les espoirs sont permis.

Nos matières

Nos vêtements contenant du lin

ÉPUISÉ
Sale
précommande
ALAMBIC
320 €
ÉPUISÉ
Sale
précommande
AUX BERMUDES
135 €
Best Seller
Sale
précommande
FORÊT OBLIQUE
590 €
Best Seller
Sale
précommande
GRIS OBLIQUE
450 €
590 €
Best Seller
Sale
précommande
NUAGE DE CHEVRONS
590 €

INSCRIVEZ-VOUS À LA NEWSLETTER

Une fois par mois la créatrice s'adresse à vous :
coulisses & précommandes en avant première.

Extra ! À bientôt par e-mail !
Oh, il semblerait qu'il y ait une erreur dans la saisie, recommencez :-)